Editos

Vers une loi moins favorable à la nudité publique ?

Comments (2)
  1. pointeau dit :

    Ce n’est pas très glorieux de la part de la FFN de se servir d’une proposition de loi indispensable pour combattre un fléau social majeur (violences sexistes et sexuelles) , pour essayer de grappiller de pitoyables avantages en faveur de quelques exhibitionnistes interpellés par la gendarmerie.
    Quelle honte ! !
    Et en plus, demander un rendez-vous aux parlementaires pour parler d’autre chose que des violences sexuelles et sexistes.

  2. Olivier Merbau dit :

    Ce projet de loi est extrêmement dangereux car il mélange tout, sera inefficace en ce qui concerne les causes (justes) qu’il prétend servir ou régler, et risque de rendre encore plus opaque et incompréhensible une situation juridique – celle de la nudité en public – qui a besoin très exactement du contraire.

    Les mesures préconisées seront inefficaces car (et je sais hélas de quoi je parle) la punition pénale des délinquants sexuels, quels qu’ils soient, ne répond pas au préjudice subi par les victimes. Dans tous les cas, il leur faudra apprendre à vivre avec le traumatisme qu’elles ont subies, et je ne vois pas en quoi savoir l’auteur du délit en prison soulage de quelque manière que ce soit. C’est un postulat fort répandu, mais c’est seulement un postulat, sans l’ombre d’une preuve scientifique (dans un domaine, la psychologie, où la science ne peut être que subjective)

    Par ailleurs, c’est croire que la prison a une valeur dissuasive et répressive, qu’on en sort meilleur qu’on y est entré. Tous les acteurs du monde pénitentiaire savent que c’est totalement faux. La prison forge exacerbe les violences, elle ne les limite pas. Elle fait des loups, pas des moutons. Quant à « l’obligation de soins », à supposer qu’elle soit prononcée par le tribunal, il faut encore qu’elle recueille l’assentiment du condamné, car en France on ne peut soigner quelqu’un contre sa volonté, pas plus pour des troubles psychologiques poussant à des pulsions sexuelles que pour une vaccination ou un acharnement thérapeutique, par exemple. La simple répression est et restera inefficace en matière de délits et crimes sexuels, quels que soient les textes adoptés.

    Clarifier la loi en ce qui concerne la nudité est un impératif qui n’est pas nouveau et mériterait un vrai débat de société, décomplexé et ouvert, afin de rompre avec l’hypocrisie qui confond nudité et exhibitionnisme, pratique d’un mode de vie nue et débordement supposé d’une vie sexuelle sans limites. Ce n’est pas tant un débat sur le naturisme qu’un débat sur la sexualité, ce n’est pas un débat sur le cadre géographique (quels lieux autorisés et quels lieux interdits) mais un débat sur les comportements individuels. En Espagne, monarchie catholique qui ne me semble pas être une anarchie libertaire, la nudité est autorisée partout. Je ne connais pas de cas de débordement… Rappelons-nous que trop de loi tue la loi.

    Et ce n’est pas l’hystérie des promoteurs du projet de loi actuel qui parviendra à faire vivre ce débat en toute sérénité. Mais que ne ferait-on pas pour satisfaire son ego quand on veut exister médiatiquement en tant que personnalité qui ne sait rien de la pratique naturiste et confond faire de la politique et faire de la gesticulation?

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